Son dernier regard

Publié le par SHIZU

AYéééé! J'ai déménagé! ce fut long et fastidieux mais on est bien mieux ici! (surtout pour ceux qui naviguent sous IE!) donc pour fêter ça, je vous poste un petit extrait d'une scène illustré par une de mes dernières aquarelles :)
En espérant que ça vous plaise ^^ Cette scène correspond donc au moment ou Keo fuit sa base, et elle est racontée par son disciple Liam. J'écris pas beaucoup parce que j'ai franchement aucun style, mais lorsqu'une scène poignante me vient à l'esprit, j'essaye de faire mon possible pour qu'elle ne soit pas trop neuneu ^^' Alors excusez mon pauvre manque de style. En plus je me casse la tête à écrire au présent et à la première personne! tout pour m'enfoncer XD en tout cas enjoy quand mm :P j'espère que c'est pas trop long...



Aprés une nuit bien arosée, Liam est reveillé par un vacarme incessant au prés d'une fille qu'il ne connait même pas, il sort de sa cabine pour comprendre ce qu'il se passe : 

 

" -Retrouvez la! Ne la laisser pas s’échapper! crie un grade qui me bouscule dans son élan sans même s’en apercevoir.

  Je me tiens devant la porte de ma cabine le torse à l’air, encore secoué par le sommeil et la fatigue, mais je découvre alors dans les couloirs de la base un remue ménage surprenant, des gardes courrant dans tout les sens, j’essaye alors d’en arrêter un pour me faire part de la situation mais en vain. Je me résous donc à errer dans les couloirs à la recherche d’un poste de garde.

  -Verrouillez toutes les issues, elle est capable de s’échapper en dehors de la base, prévenez les sentinelles si ce n’est pas déjà fait. L’un des gardes du poste permanent écoutait attentivement les directives de son supérieur, et s’empresse de les communiquer aux membres de son unité.

  Une fois le poste vide, il réalise ma présence, c’est un collègue que je connais de façon formel et que je respecte du nom de James. Il est plutôt gentil avec moi, cela me surprend de le voir me toiser du regard, comme si j’étais responsable de la situation alors que j’ignorais tout. Je tente de satisfaire ma curiosité malgré l’ambiance soudainement tendue.

-Pourquoi toute cette agitation, c’est un intrus? Une poule pondeuse qui refuse qu’on se serve de ses ovaires pour les grossesses artificiels, lui dis-je d’un air narquois qui me colle à la peau.

  Il me saisit soudainement par le cou et me plaque contre le mur, il m’a pris par surprise, il penche sa tête et murmure ces quelques mots au creux de mon oreille :

-Tout ça c’est de la faute de ta petite copine, elle a tué le professeur New, notre seul espoir, je lui pardonnerai jamais, et aucun d’entre nous sur cette base d’ailleurs. Il s’arrête un moment comme pour se remettre de ses émotions, et reprend plus calmement en relâchant la main qui agrippait mon cou toujours aussi brusquement : « tu as intérêt à rattraper le coup et la retrouver, sinon on te fera porter le chapeau. » Son visage semble moins crispé, il poursuit, « je ne pense pas  que tu sois mêlé à tout ça, mais tu seras la cible du chef, si on ne la retrouve pas au plus vite ». Il me relâche par la suite, et retourne à son poste.

Je me dirige vers la porte, le regard perdu.

-Je t’avais prévenu à ton arrivée, qu’il ne fallait te méfier de cette femme, elle n’est que source d’ennuis.

Même si son nom n’avait pas été prononcé une seule fois, je savais très bien  à qui il faisait allusion, une seule femme sur cette base est capable de générer une telle panique, c’est plus fort qu’elle, mais être impliquée dans le meurtre du professeur New c’était impensable. Elle l’estimait plus que quiconque, et avait beaucoup de respect et d’espoir dans ses travaux, ça doit être une erreur. Il faut que je la retrouve avant, et que je sache ce qui s’est réellement passé, surtout la trouver avant Linus. Je retourne alors dans ma cabine, la jeune fille à la chevelure dorée est toujours étendue dans mon lit, nue, me regardant d’un air interrogateur. J'enfile ma combinaison sans prononcer un seul mot, et prend mon arme. Elle finie par craquer devant mon silence.

-Liam? Qu’est ce que tu fais? Dis moi qu’est ce qui se passe dehors?

Je suis bien trop absorbé par mes pensées pour répondre à ses questions, le son de sa voix  m’agace, seul le visage de cette femme occupe mon esprit a présent.

  -N’oublie pas de fermer la porte à clé derrière toi en sortant, et glisses la clé dans mon casier, lui dis-je en sortant. Je n’ai nullement l’intention de me confier à une étrangère, et j’ai pas une minute à perdre.

  -Non! Liam attend une seconde!

Son cri se noie dans les pas de la foule au fur et à mesure que je m’éloigne de ma cabine. Je rejoins le poste principal et prend connaissance de la situation. Le garde ne s’était pas trompé, le corps déchiqueté du professeur gis sur une table de la morgue, une scène horrible, comment peut elle être capable d’un crime aussi atroce?

  Je tente de reprendre mes esprits, Linus pose alors sa main sur mon épaule :

-je compte sur toi pour la retrouver, tu la connais mieux que personne. Il marqua un ton d’arrêt et poursuivis : J’espère que tu réalises la gravite de son acte, et que tu n’es pas entrain de la couvrir. Si tu veux vraiment l’aider tu dois nous la remettre, je saurai alléger sa peine, mais si le conseil prend connaissance des faits, je ne pourrais plus la protéger.

  Je me retourne, et je vois dans son regard une étincelle de suspicion. Cela ne m’étonne guère, si j’étais complice, je l’aurais protégé jusqu’au bout, je suis vraiment prêt à tout pour elle, et il le sait, tout le monde le sait, elle le sait aussi, c’est sans doute pour cette raison que je suis le dernier au courant de ses agissements. Personne ne me croirait, pourtant elle m’a mise à l’écart délibérément. Toutes ces questions sans réponse me rongent. J’ôte la main de Linus, d’un air dépité, et méprisant, je haïs cet homme, et ça doit être réciproque.

- je ne sais pas ce qui se passe, mais je suis convaincu d’une chose, Keo n’aurait jamais fait une chose pareille, surtout pas à New.

 Ces mots sont sortis de ma bouche avec une conviction telle que j’en suis étonné moi même. J’ai une confiance aveugle en elle, une confiance qui me fait peur, et si…et si c’est vraiment elle? Linus remarque mon moment d’hésitation, et ne manque pas de me reprendre.

  -Cette femme est le diable en personne, nul ne sait de quoi elle est capable, je te conseille d’être sur tes gardes si jamais tu l’affrontes, c’est un conseil d’ami. Un sourire sournois s’esquisse sur son visage, puis il quitte finalement la morgue d’un pas lent et sur, sans se retourner.

  Le diable? Comment le diable m’aurait-il recueilli alors que je n’étais qu’un adolescent fougueux, et perdu? Comment le diable aurait-il pu prendre en charge mon apprentissage, faire de moi l’homme que je suis devenu ? Elle est certes peu commode, elle a des ennemis partout dans la base, et Linus le premier, mais New était l’un de ses seuls amis, pourquoi aurait-elle commis un acte aussi atroce et démuni de sens? Le doute s’installe en moi, je sais de quoi elle était capable, je l’ai déjà vu à l’oeuvre, je suis son disciple après tout, mais comment est-ce possible d’en arriver la?

- Allez secoues-toi Liam, c’est pas le moment de rester planté là, on l’a repéré dans le sas de sorti de l’aile sud de la base. Il faut pas perdre de temps, me crie un collègue.

  Ses mots retentissent dans ma tête, on l’a retrouvé, et elle est vraiment en cavale. Je cours de toutes mes forces, toutes les évidences sont contre elles, et sa fuite implique forcement qu’elle y est pour quelque chose dans cette affaire. C’est vrai pourquoi fuir, alors qu’elle est innocente.

  Je finis par rejoindre le sas en question, elle est la devant moi, défiant tous les gardes du regard, comme un fauve en cage, piégée. La porte est bloquée par un système de sécurité qu’on a enclenché  juste après le début de l’alerte. Ils essayent de la maîtriser mais elle se défend habillement, comme je pouvais m’y attendre de sa part.

  Je m’avance alors, les gardes me voyant arriver me frayent un chemin, ils savent que je suis l’homme de la situation, seul son disciple a le niveau pour la combattre, et de la neutraliser. Je ne connais pas encore ses motivations, mais je veux juste la calmer, la prendre dans mes bras et la protéger du monde. J’espère au fond de moi qu’en me voyant elle reprendrait ses esprits, et redeviendrait raisonnable. Mais son regard est tout aussi vide d’expression, même après avoir croisé le mien, je lui suis tout aussi indifférent que les autres gardes, je suis qu’un obstacle de plus à son mystérieux dessein.

  Comme avec les autres, elle m’attaque sauvagement, elle ne me ménage pas, et je me contente de me défendre et de trouver un moyen de la maîtriser tout en essayant d’instaurer le dialogue.

  -Keo je t’en prie arrête ça, c’est complément insensé! Ressaisis-toi, je suis sur que Linus trouvera un moyen de te sortir d’affaire.

  Elle s’arrêta net, son regard se charge d’une profonde tristesse, qui se brouille instantanément d’une rage effrayante.

 -Ne te fous pas de moi Liam!!

  Elle m’assène le plus puissant coup qui m’a été donné de recevoir et me projette à quelques mètres de notre air de combat, tous les gardes restent bouche bé, ne sachant plus quoi faire, personne n’ose lui tirer dessus, pourtant après mon échec c’est la seule façon de la maîtriser. Un cri s’impose sur les hauteurs de la base, Linus se tient sur le haut d’une passerelle, avec son air hautain :

-Chargez vos armes, et tirez à volonté, elle n’a plus le droit de vivre, cette femme vient de ruiner tout espoir de survit sur cette base.

La situation est critique, et j’ai plus la force de me relever et de la protéger, malgré ce qu’elle vient de me faire subir, je suis tout de même prêt à recevoir ces décharges à sa place.  En l’espace de quelques secondes, les gardes se mettent en position. Keo recule tout doucement, vers la porte de sorti qui est toujours fermée.

  -Te connaissant ça ne servira à rien que je te lance un ultimatum, mais rends toi keo, on te fera aucun mal si tu viens de ton propre gré, dit Linus d’une voix suppliante qui lui ressemble pas.

  Un sourire se dessine sur les lèvres de mon mentor, puis une terrible explosion s’en suis. Le souffle emporte les gardes qui butent contre les parois de la base. Elle, toujours immobile, se dresse fière telle une lionne, recule à nouveau tout doucement vers la sortie, dont les explosifs venaient de percer une ouverture. Mais quand a t-elle eu le temps de les placer? Et aussi discrètement? Personne ne s’en était rendu compte. Les sauts qu’elle faisait durant notre combat, et la rapidité de ses gestes ont servi à nous éblouir, et nous déstabiliser pendant qu’elle les plaçait sur la porte, alors ce combat n’était qu’une mascarade elle aurait très bien pu se débarrasser de nous encore plus vite, si elle n’avait pas à placer les explosifs aussi habillement.

  Pris de panique, Linus sort son arme à son tour, tout en couvrant son visage pour ne pas inhaler la fumer de l’explosion et l’air toxique de l’extérieur. Dominant la scène, il a la cible bien en main, il aurait pu tirer à n’importe quel moment, mais quelque part il espérait vraiment qu’elle finirait par coopérer.

  -Linus non!  je sais qu’il le ferait sans aucune hésitation, mais j’ai aussi dans l’espoir de la raisonner une dernière fois.

Cependant mon intervention ne fait que lui faciliter la tache, elle est déjà au bord du sas qui donne sur un gouffre sans fin, elle me lance  un dernier regard, plein d’indifférence, inexpressif. Elle s’évanouie finalement dans la nature en une fraction de seconde, tel un mirage, personne n’en revient.

  -Ce n’est pas possible ! Elle s’est jetée dans le vide! Hurla Linus fou de rage. Lancez les sentinelles, l’atmosphère de l’extérieur finira par l’épuiser, elle ne fait que signer son arrêt de mort. Les gardes réalisent alors qu’ils sont eux aussi exposés à l’air infecte du monde extérieur, et se dépêchent de se protéger le visage à leur tour.

  -Limitez votre respiration, qu’on m’apporte des masques à oxygène, et une équipe d’ingénieurs pour réparer le sas! Hurle Linus de plus belle. Il vient de se ressaisir devant le geste inattendu de keo, alors que moi je reste toujours sous le choc.

  Immobile, adossé contre le mur, je ressens quelque chose d’indescriptible au fond de mon coeur. Non, je connais ce sentiment, il remonte à  mon enfance, un sentiment que je déteste par dessus tout…celui de l’abandon. "

 


Publié dans Extraits de scénes

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Ludimie 15/10/2008 14:11

Ben p'tain ! J'ai lu ça en buvant mon petit café, c'est palpitant ! Il y a un ou deux termes que je n'aurais pas employé, mais rien de choquant. Bref, super prenant à lire !

Nary 24/10/2008 01:09


ah je suis vraiment contente que tu me dises ça ludimie! je t'avoue que moi et l'écriture...ça fait pas 2 mais plutôt 36000...j'aimais beaucoup écrire au lycée, mais depuis la fac, on a tellement
été formalisé dans le peu de "style" qu'on pouvait avoir, que bon, il reste plus rien pour faire dans le romanesque...j'essayerai de poster quelques petits extraits clés à l'avenir histoire de
mieux comprendre mes illustrations qui sont souvent liés :)